Critique de film #6 Chocolat

Publié par Zorobama

Affiche du film

Affiche du film

Salut les apprentis clowns, 

Aujourd'hui, on va parler du film biographique Chocolat avec Omar Sy et, non, celui avec Johnny Depp (dont on parlera une autre fois). Il retrace (en prenant quelques libertés) la vie de Rafael Padilla, le premier artiste noir de la scène française qui a commencé à disparaître peu à peu de la mémoire collective. C'est encore ma chérie qui m'a conseillé de voir ce film et notre avis que je vais développer est le même sur le film. Alors, on enfile son plus beau costume de clown, on se maquille et met son nez rouge avant de la lire sinon vous pouvez opter pour un costume de Monsieur Loyal afin de la présenter à vos amis.

Fiction vs Réalité

D'abord, on va commencer par présenter le vrai Raphaël Padilla en évitant de vous spoiler le film:

Rafael Padilla (dont on ne sait pas vraiment si c'est son véritable nom de famille) est né entre 1865 et 1868 à Cuba et est mort le 4 novembre 1917 à Bordeaux (France). Il est issu d'une famille africaine réduite à l'esclavage qui fut déportée sur l'île de Cuba (à l'époque, encore colonie espagnole). Chocolat, dont sa famille s'échappe de leurs maîtres quand il a 10 ans, est confié à une vieille dame le vendant pour 18 onces comme garçon de ferme. Le garçon s'évadera quand une famille cherchera à le faire blanchir avec une brosse à chevaux. Par la suite, il enchaînera de nombreux petits boulots de rue avant d'être remarqué par Tony Grice l'embauchant, d'abord, comme serviteur avant de le laisser apparaître dans certains de ses numéros comme cascadeur. Il croise la route de Footit quand un directeur de cirque décide de former un duo avec eux en 1895 jusqu'en 1910 où ils se séparent. Chocolat s'essaiera donc à une carrière d'acteur avant de sombrer dans la dépression après la mort de sa fille de la tuberculose à l'âge de 19 ans et travaillant dans la misère, à 49 ans, pour la troupe des cirques Rancy. Il meurt le 4 novembre 1917 vers 10h30 et est inhumé en pleine terre à Bordeaux dans le carré des indigents du cimetière protestant de Bordeaux. Pour avoir les différences entre sa vie réelle et ce que montre le film, je vous laisse cliquer sur ce lien qui vous enverra sur un article très bien écrit. 

Le réalisateur et les deux acteurs principaux

Abordons, maintenant, la fiche technique du film:

Réalisation: Roschdy Zem
Scénario et adaptation: Cyril Gély basé sur le livre Chocolat, clown nègre: l'histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française (non mais il avait pas un titre de livre plus long le monsieur) de Gérard Noiriel (2012, Bayard) adapté par Olivier Gorce et Roschdy Zem
Musique: Gabriel Yared
Production: Nicolas et Eric Altmayer
Sociétés de production: Mandarin Cinéma, Gaumont et M6 Films (co-productions)
Sociétés de distribution: Gaumont Distributions
Pays et langue d'origine: France (français)
Genre: drame, biopic et biographie
Budget: 18 millions de dollars US (16 288 855.71€ d'après le cours) mais je ne sais pas si c'est le bon montant puisque Wikipédia et d'autres sites ne le mentionnent pas. Je l'ai trouvé sur Google mais ça ne m'étonnerait pas si il a bien coûté plus de 16 millions d'euros.
Durée: 110 minutes
Dates de sortie: France: 3 février 2016 (Avant-première à Montpellier) et 3 février 2016 (sortie nationale)
Belgique et Suisse: 3 février 2016

A présent, on passe à la distribution des rôles: (Un tri a été fait parce-qu'il y a beaucoup de rôles secondaires aussi)

Omar Sy: Rafael Padilla dit "Kananga" puis "Chocolat"
James Thierrée (petit-fils de Charlie Chaplin, bordel, et ouais, ma gueule qu'est-ce que tu vas faire là encore): George Foottit
Clotilde Hesme: Marie, l'infirmière
Alice de Lencquesaing: Camille, l'artiste du cirque Delvaux
Noémie Lvovsky: Madame Delvaux
Frédéric Pierrot: Monsieur Delvaux
Olivier Gourmet: Joseph Oller, directeur du Nouveau Cirque
Olivier Rabourdin: Firmin Gémier, directeur du Théâtre Antoine
Héléna Soubeyrand: Régina Badet, actrice
Denis et Bruno Podalydès: Louis et Auguste Lumière. Les frères Lumière, en personne, ma gueule
Xavier Beauvois: Directeur de Félix Potin
Thibault de Montalembert: Jules Moy
Alex Descas: Victor, le haïtien

Pour terminer, nous allons conclure sur la traditionnelle critique du film:

Si on se base sur une définition pure et dure du biopic, le film ne la respecte pas puisqu'il prend beaucoup de libertés pour, au final, ne se focalisait que sur une petite partie de la vie du clown, c'est-à-dire la période Footit en ne parlant pas de la période avec Tony Grice ou de sa jeunesse mise à part une petite scène. J'ai trouvé aussi que le traitement de Footit est mal fait, on démarre tout le film avec lui aidant Chocolat ainsi que les aventures qu'ils vivent ensemble pour, à la fin, se rendre que l'on ne le connaît pas du tout. 
Les points positifs du film sont son rythme, on ne s'ennuie pas durant le film qui enchaîne assez rapidement les idées sans, pour autant, nous perdre, les acteurs qui sont excellents dont James Thierrée que j'ai vraiment découvert dans ce film et qui devrait avoir plus de succès vu le talent monstre que cet homme a l'air d'avoir et Omar Sy mais, bon, on ne le présente plus puisque l'on sait de quoi il est capable quand on le met dans un film. 
Les points négatifs sont que certaines idées sont mal amenées ou alors les libertés du scénario prises sur la réalité ne défendent pas assez le point de vue comme quoi Chocolat est le premier artiste noir français, ce qui a dû choqué certaines mentalités ou en changer certaines comme le fait que Marie l'épouse alors que, dans la réalité, elle a quitté son mari pour épouser Chocolat, là, au moins, on tenait un truc mais, non, cela a été supprimé. Il y avait tellement d'idées à défendre avec ce film qui finit par tomber dans le fait que Footit est dépeint comme un salaud, puis, en fait, il est malheureux car il ne fait que travailler mais n'a pas la reconnaissance qu'il mérite et Chocolat est dépeint comme bon, drôle et méritant son succès alors qu'en fait, c'est un alcoolique, joueur endetté et cherchant la compagnie de prostituées. C'est une description un peu facile à part nous montrer cela, on aurait pu avoir quelque chose de plus dense mais elle est un peu justifiée au vu de la fin où Chocolat finit en tant que balayeur (dans la réalité, il est resté dans le cirque) laissait de tous sauf de sa famille et Footit qui l'a aidé dans ses problèmes financiers et extrêmement malade. La fin m'a vraiment déçue également. 
Le film est bien mais il est rempli d'imperfections avec des moments qui auraient mérité plus d'approfondissements qui n'ont pas été fait et d'autres moments où on aurait aimé en savoir plus (comme la vie de Footit) qui n'ont clairement pas été montrés. Ce n'est pas vraiment un film que j'aurais envie de revoir sur lequel il n'y a pas grand-chose à dire une fois que l'on a pointé ses défauts alors que le biopic sur Frida, je l'ai trouvé mieux traité et bien plus riche que celui-ci après ce n'est que mon avis personnel mais, en fait, je ne vois pas pourquoi, au moment de sa sortie, tout le monde n'avait de cesse de parler de ce film mis à part l'excellente interprétation des acteurs principaux, il n'y a pas grand chose sur lequel on puisse dire que le film a assuré surtout quand on voit les libertés prises sur la réalité qui auraient sûrement amené plus d'éléments intéressants. 

Voici la galerie photo des acteurs principaux: Omar Sy, James Thierrée, Clotilde Hesme, Olivier Gourmet, Olivier Rabourdin, Xavier Beauvois et Alex Descas:
 

Critique de film  #6 Chocolat
Critique de film  #6 Chocolat
Critique de film  #6 Chocolat
Critique de film  #6 Chocolat
Critique de film  #6 Chocolat
Critique de film  #6 Chocolat
Critique de film  #6 Chocolat